La musique ou l'antidote au décrochage scolaire

La musique ou l’antidote au décrochage scolaire

au collège du Stockfeld de Strasbourg (RAR)

 

 

En proposant en juin 2009 à une vingtaine d’élèves de 6e de constituer une classe orchestre  pour la rentrée de septembre, les équipes, sous la houlette de Madame Audes-Reeb, faisaient le pari de la pédagogie du contournement. Face à ces élèves  déjà confrontés à l’échec scolaire, et ignorant tout du solfège, le pari était en tout cas bien risqué. A l’époque, il s’apparentait à une ultime tentative pour rallier les élèves à un objectif susceptible de les “raccrocher” à un intérêt scolaire.

Peu à peu, les obstacles ont été levés : l’achat d’instruments de musique coûteux  (cuivres et batterie) est rendu possible grâce à la formidable mobilisation des partenaires institutionnels, mais aussi privés. Un partenariat conclu avec l’école de musique du quartier dans le cadre du dispositif de l’accompagnement éducatif assure depuis septembre 2009 le maniement des instruments et l’enseignement de la musique.

 

 

L’orchestre a livré sa première prestation le jeudi 12 novembre 2009.

Il convient de mesurer le chemin parcouru : jouer en orchestre, cela suppose en effet l’aptitude à faire silence pour écouter l’autre, la connaissance des règles au sein d’un orchestre, la capacité à se plier à la direction d’un chef d’orchestre : cet exercice met en œuvre les compétences relevant du pilier 6 du socle commun.

Mais la magie n’opère pas seulement sur le groupe des élèves : la musique et les progrès de la classe orchestre deviennent l’objet d’un enseignement pluridisciplinaire dynamique, où les sciences physiques, le français, l’allemand, l’EPS, les arts plastiques trouvent naturellement leur place et où les enseignants adaptent leurs pratiques.

A ce stade de l’année, les progrès les plus marquants sont d’un autre ordre : les élèves ont retrouvé le goût de l’école et leurs parents peuvent se présenter au collège avec fierté, la vie scolaire est, au sein de la classe, apaisée, la musique est devenue un vecteur de motivation, la réussite scolaire est à portée de mains de ces jeunes.

Cette classe orchestre est, à n’en pas douter, un bel exemple de réussite d’une pédagogie du projet, dont les effets ne touchent pas seulement les élèves, mais toute une communauté éducative.

Une belle leçon d’optimisme, prouvant une nouvelle fois que l’échec scolaire n’est pas une fatalité et que c’est bien l’ambition que nous nourrissons pour nos élèves qui peut les animer et les faire renouer avec la réussite.

 

Elisabeth Laporte, inspecteur d’académie adjoint